Cinq rondes pour vous retrouver
Cinq rondes pour vous retrouver
La première ronde est celle des poèmes, quelle que soit leur incarnation formelle ; les plus rares, inestimables, ceux où vous apparaissez, chatoyez, chantez, parlez en personne.
William Shakespeare, The Phoenix and The Turtle
William Shakespeare, As You Like It
Pedro Lemebel, Tiengo miedo torero (Je tremble, ô Matador)
Pedro Lemebel, Adios mariquita linda
Pedro Lemebel, Loco afan : Cronicas del sidario
Sothean Nhieim, Salomé
Jean-René Lemoine, Médée poème enragé
Jacques Nollot, La chatte à deux têtes
Yanira Yariv, Amori e Metamorfosi
Dans la deuxième ronde vous êtes bien présent, cependant vous luttez contre l’estompe, la disparition de vos couleurs, aussi votre existence semble-t-elle conditionnée à un certain sacrifice.
Rainer Werner Fassbinder, In einem Jahr mit 13 Monden (L’Année des 13 lunes)
Manuel Puig, et Hector Babenco, Beijo da mulher aranha (Le Baiser de la femme araignée)
Pedro Almodovar, Hable con ella (Parle avec elle)
La troisième ronde est joyeuse, mystérieuse, mais vous y êtes mêlés à vos avatars, qui peuvent vous faire passer inaperçus.
Zazie dans le métro, de Raymond Queneau, et de Louis Malle
Balade de la dépendance sexuelle, de Nan Goldin
Bambi, de Sébastien Lifshitz
Ed Wood, de Tim Burton
La quatrième ronde a davantage de gravité, elle raconte vos origines dans la nuit des temps et de l’humanité.
Et Dieu créa la femme, Leçon talmudique d’Emmanuel Levinas
Les mamelles de Tiresias, de Guillaume Apollinaire, et de Francis Poulenc
Tiresias, de Bertrand Bonnello
La cinquième ronde pourrait s’ouvrir plus largement, car vous êtes là : voix ou fantôme, variante à l’infini de vous-même, car vous traversez toutes les vraies écritures du désir. Le jour se lève. Il révèle les traces de kôhl sur vos cils. Cela me fait pleurer.
Les Yeux bleus cheveux noirs, de Marguerite Duras
Le Navire night, de Marguerite Duras
La Pute de la côte normande, de Marguerite Duras
Génie divin, de Guillaume Dustan
Fou de Vincent, d’Hervé Guibert
