Dossier du spectacle

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« Nous avons fait un bon voyage, mais »
Conférence sur une collection de cartes postales trouvées
De et par Corine Miret et Stéphane Olry


Préambule :


Le 2 juillet 1997, nous promenant sur les quais, nous avons eu l'idée de lire le recto des cartes postales que vendait un bouquiniste. Nous découvrîmes ainsi ce texte :

Chère Margot,
Nous avons fait un bon voyage mais nous ne passons pas d'agréables vacances avec Jean-Jacques. Il s'ennuie, il veut revenir, il ne sort pas, ne mange presque pas, ne parle pas et fait la tête, alors nous reviendrons très bientôt.
Grosses bises
Amitiés à M. Coron et à Bernard
À bientôt
Danièle.

Qui était Jean-Jacques? Un adulte? Le mari de Danièle? Un enfant? À partir de ce laconique compte-rendu de vacances ratées, notre imagination vagabondait, imaginant l'infinité de vies possibles qui se cachaient derrière ces quelques lignes. Nous partîmes à la recherche de Jean-Jacques.
Nous prîmes l'habitude de lire les cartes postales chez les bouquinistes. Nous sélectionnions celles qui retenaient notre attention : à la maison, nous nous amusions à les lire à voix haute, pour nous ou pour les amis se trouvant là. Nous avons ainsi au fil de nos promenades, retrouvé la piste de Jean-Jacques, constitué une collection de cartes postales, et écrit un spectacle.
En hommage au mystérieux Jean-Jacques, le titre en est :
"Nous avons fait un bon voyage, mais..."



L'enquête :


Les cartes postales sont rarement isolées dans les bacs des bouquinistes. Elles ont été vendues à l'occasion soit d'un déménagement, soit d'un décès et il n'est donc pas rare de trouver des correspondances familiales étalées sur des dizaines d'années.
Comme nous découvrions les lots de cartes postales en vrac, notre premier travail fût de les classer par auteur et par destinataire. Nous découvrîmes ainsi avec surprise que le bouquiniste qui nous avait vendu une partie des cartes vendait aussi celles qu'il avait lui-même reçues. Les vers de mirlitons que lui écrivait une tendre amie, les cartons de promotion Yves Rocher adressés à sa femme, les cartes de colonies de vacances de ses enfants : tout finissait dans ses boîtes.
Notre enquête nous révélait des habitudes qui avaient même échappées aux auteurs des cartes : Zézette et Wolf se sont-ils jamais aperçus que les cartes qu'ils ont envoyées quinze ans durant, commençaient toutes invariablement par la même formule : "Nous voici enfin de retour dans cette Ile de Beauté que nous aimons tant..."
À la recherche de Jean-Jacques, nous avons remonté la filière de vente des cartes postales jusqu'à sa source.
Nos investigations nous permirent de découvrir un corpus de 354 cartes postales adressées de 1953 à 1984 à une même adresse de la banlieue sud. Ces cartes postales retraçaient la vie d'une famille sur quatre générations. À force de scruter leur correspondance, ils devinrent nos intimes, et c'est avec une certaine émotion, qu'un dimanche de l'hiver 1998 nous nous sommes rendus à l'adresse indiquée sur les cartes.
C'est là que nous découvrîmes enfin qui était Jean-Jacques.



Le spectacle :


Deux conférenciers - un homme et une femme - sont assis derrière une table.
Leurs costumes sont sobres.
Il a été distribué au spectateur avant qu'il ne pénètre dans la salle, la reproduction de quelques cartes postales, des notes de synthèse sur certains aspects de l'affaire, ainsi qu'une tablette et quelques feuilles de papier vierge qui permettront à ceux qui le désirent de prendre des notes. Les conférenciers présentent aux spectateurs une collection de cartes postales. Ils lisent, commentent et explicitent certaines cartes : ils racontent comment elles furent trouvées, quelles déductions furent tirées de leur lecture, quels liens les relient. La parole se distribue entre les deux conférenciers : parfois l'un présente les faits, et l'autre lit les cartes postales, parfois la situation s'inverse. Ce partage de la parole permet de rythmer la lecture.
Les spectateurs sont assez proches des conférenciers pour pouvoir décrypter l'image de la carte postale que ceux-ci ont en main. Les conférenciers font circuler certaines cartes postales parmi les spectateurs. Les éléments marquants de l'enquête sont présentés sur des papers-boards.
Un rétroprojecteur permet de projeter des détails fortement agrandis des textes. Un projecteur de diapositive fait découvrir des lieux photographiés par les conférenciers afin d'illustrer leur propos. La lumière est allumée et manipulée par les conférenciers. On passe ainsi d'un état lumineux à un autre sans qu'aucune autre intervention extérieure ne soit sensible. Un magnétophone permet d'entendre l'enregistrement du témoignage de personnages évoqués.
À la toute fin, un des auteurs de cartes postales - retrouvé par les enquêteurs - est invité par ces derniers à prononcer la conclusion de la conférence. Ce "coup de théâtre" conclue le spectacle qui dure une heure et demie avec entracte.
À l’issue du spectacle ainsi que durant l'entracte, les spectateurs sont invités à découvrir l'ensemble de la collection de cartes postales exposée autour d'eux.

 

Fiche Artistique :


Texte et mise-en-scène :

Corine Miret et Stéphane Olry

Avec :

Stéphane Olry - Corine Miret / Clotilde Ramondou (en alternance)
Pascale Villedieu / Christine Rossignol / Dominique Verpraet / Cécile Nevoux (en alternance)

Lumières :

Sylvie Garot

Scénographie :

Alexandre Chinon

Régie :

Alexandre Chinon / Léandre Garcia Lamolla / Sylvie Garot (en alternance)

Production :

La Revue Éclair
Avec l'aide de l'ADAMI, de la Fondation Beaumarchais, et de la DRAC Ile-de-France.