Dossier du spectacle

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L’inconnue
Voilà les beaux moments de ma vie. Ces rencontres heureuses, imprévues, inattendues,
tout à fait fortuites, dues au pur hasard et d’autant plus chères.

(Histoire de ma vie - Jacques Casanova de Seingalt)


C’est l’hiver, dans une ville du Nord. Une femme seule, inconnue, s’assoit dans un bar. On la revoit plus tard dans d’autres lieux publics. Elle fréquente les lotos, les réunions de colombophiles, les matches de catch, les associations de randonneurs, les travées des stades, les audiences des tribunaux, les salles d’arts martiaux. Elle semble oisive, ne pas faire autre chose que d’observer les gens présents.
Elle reste sept semaines en Artois. La veille de son départ, elle organise une fête avec les personnes rencontrées lors de son séjour. Ce soir-là, elle leur révèle la raison de sa présence.


Un voyage d'hiver
De Corine Miret et Stéphane Olry

Mise en scène : Stéphane Olry
Musiques : Jean-Christophe Marti (choeurs)
Didier Petit (musique improvisée)
Scénographie / Lumière / Costumes : Thomas Walgrave
Régie générale : Léandre Garcia Lamolla
Assistanat à la mise en scène : Nicolas Kerszenbaum

Avec
Corine Miret : La danseuse
Hubertus Biermann : Le gardien
Sandrine Buring : La terre
Jean-Christophe Marti : Le compositeur
Stéphane Olry : L’auteur
Didier Petit : L’amour
Elena de Renzio : La fée du logis

La Comédie de Béthune
15 et 17 décembre 2008 19h30
16 et 18 décembre 2008 20h30

L'Echangeur (Bagnolet)
du 8 au 31 janvier 2009
du jeudi au lundi 20h30
dimanche 17h

Chargé de diffusion : Jérôme Tisserand - - 06 09 96 09 84

Administration : Ana da Silva Marillier - - 06 72 71 10 21

Production : C.D.N. La Comédie de Béthune, La Revue Éclair - compagnie conventionnée par la DRAC Ile-de-France/Ministère de la Culture et de la Communication, et la Région Ile-de-France.
Coréalisation L’Echangeur.
Avec le soutien de la Ménagerie de Verre dans le cadre des Studiolab.
Remerciements : Théâtre Paris-Villette, Théâtre de la Cité Internationale.


Automne
Je me souviens de cet instant plein de joie et de trouble où je sentais pour la première fois ma singulière existence ; je ne savais ce que j’étais, où j’étais, d’où je venais.
(Des sens en général - Buffon)



Comment en sommes-nous arrivés à l’idée du voyage d’une femme solitaire en hiver dans l’Artois?
Sans doute par goût du jeu, de l’exploration, de l’expérimentation.

D’abord, Thierry Roisin, directeur de la Comédie de Béthune nous a demandé d’imaginer un spectacle écrit à partir de matériaux collectés dans les villages aux environs de Béthune. Nous nous sommes rendus sur place. Je voulais écrire sur les frontières : géographiques, sociales, physiques, affichées ou discrètes ; Corine Miret voulait expérimenter l’exil : ressentir réellement solitude ou isolement, plaisir ou inquiétude des rencontres, disponibilité ou indifférence. Nous avons observé que si le Nord a été une terre d’immigration, aujourd’hui ses habitants voyagent peu. Ils demeurent au-dessus des mines de charbon fermées, comme dans l’attente d’une deuxième vie pour cette terre et pour eux. Une mercière nous a décrit tous les étrangers à son village (une demi-douzaine) entrés dans son magasin ces dix dernières années.
Alors, Corine Miret, dans un bar à Béthune où nous réfléchissions au projet autour d’une bière a dit : « Et si je devenais étrangère ? »
Elle vivrait l’expérience. Moi, j’écrirais à partir de son témoignage. Le produit de notre travail serait ensuite confié à des interprètes.
Il y a des années de cela, nous nous lûmes à voix haute les Mémoires de Casanova. Nous fûmes émerveillés par l’amour de la vie de cet homme et sa capacité à la remettre en jeu. Casanova se présente dans une ville. Il n’y connaît personne, mais parvient à se créer en quelques jours un cercle d’amis, à nouer des amours, à monter une entreprise (souvent frauduleuse), bref à vivre en quelques semaines ce que la plupart ne vivent qu’une fois dans leur vie. Comme le joueur absorbé dans sa partie de cartes, il s’investit totalement dans ces rencontres éphémères, il apporte tous ses soins à ses entreprises amoureuses, il ne semble à aucun instant encombrer son esprit par le souci de l’inéluctable fin des choses. Une fois la partie finie, une fois épuisées les rencontres possibles dans la ville, Casanova s’en va, protégé par la frontière et l’anonymat, rempli du souvenir de ses amours et de ses rencontres. Il ira ainsi jusqu’à Moscou.

Aujourd’hui, le temps de Casanova semble révolu. Les voyages les plus lointains se font en quelques heures. Pour devenir un étranger aujourd’hui, peut-être faut-il se garder d’être un homme et d’aller loin. Mais au contraire, renverser la proposition : être une femme et voyager tout près, à deux cents kilomètres de Paris, là où il n’y a rien d’exotique a priori. Ne pas tenter de refaire les voyages brillants de Casanova, mais devenir la voyageuse, l’errante, l’étrangère, celle qui rôde et tourne autour des villages en hiver en Artois.


Hiver
Comme tout ce qui entre dans l’entendement humain y vient par les sens, la première raison de l’homme est une raison sensitive; c’est elle qui sert de base à la raison intellectuelle : nos premiers maîtres de philosophie sont nos pieds, nos mains, nos yeux. Substituer des livres à tout cela, ce n’est pas nous apprendre à raisonner, c’est nous apprendre à nous servir de la raison d’autrui; c’est nous apprendre à beaucoup croire, à ne jamais rien savoir.
(Emile ou de l’Education - Jean-Jacques Rousseau)


Elle s’est rendue dans les lieux publics de l’Artois. Dans des réunions annoncées dans la Voix du Nord, ou par voie d’affiche, de bans publics. Elle a tenté de s’y faire accepter. Elle a observé. Écouté. Senti. Goûté. Touché. Parlé. Elle a établi des contacts. Noué des relations. Été envoyée sur les roses. Éprouvé la tranquillité de la solitude, l’ivresse de la perdition, le désarroi des heures à combler, la surprise de l’amour, le plaisir des amitiés naissantes. Elle a retrouvé des sensations de son enfance, dans un pays de plaine semblable à la Beauce où elle a grandi. Elle s’est sentie observée, enviée ou méprisée : un peu paumée, un peu givrée, mais vivant dans une mystérieuse disponibilité aussi attirante qu’inquiétante. Dans le Nord, elle s’est constitué une nouvelle famille, une famille imaginaire, utopique. Elle a senti les liens qui antérieurement la retenaient se défaire. À l’issue des sept semaines, elle a organisé une fête d’adieu avec toutes les personnes rencontrées lors de son voyage. Et leur a annoncé son intention de monter un spectacle à partir de son expérience.
Elle a eu soin d’enregistrer sur un dictaphone ses impressions de voyage et les récits de ses rencontres. Tous les trois jours, elle m’envoyait à Paris les fichiers sons extraits de son dictaphone.

Printemps
Allez-y voir vous-même
Si vous ne voulez pas me croire.

(Les Chants de Maldoror - Lautréamont)


À Paris, je retranscrivais ces récits au fur et à mesure de leurs arrivées.
À son retour, nous avons commencé à écrire. Ou plutôt, à nous partager le travail d’écriture ainsi : je rédigeais des textes courts qui étaient l’écho des émotions traversées par Corine. Elle, dans un studio de danse, retraversait en mouvement ce voyage, afin de graver le parcours émotionnel dans son corps.
D’emblée, une hypothèse -ou une tentation- a été écartée : celle de figurer les personnes réelles rencontrées par Corine : rencontres d’un jour, amis, amour. En effet, le choix volontairement opéré de ne pas se rendre sur place et de n’avoir que les récits de Corine comme unique source d’information m’interdisait une description réaliste de ces rencontres. En conséquence, l’écriture se nourrissait d’une part des émotions transmises par Corine, et d’autre part des rêves, des phantasmes, que m’inspirait son récit nécessairement tronqué. Un voyage d’hiver n’est donc pas un documentaire, mais une fantasmagorie écrite à partir de ce matériau sensible et ténu constitué par le récit du voyage.
Une distribution avait été décidée antérieurement à l’écriture du spectacle. Les parties incombant à chaque interprète leur sont donc taillées sur mesure. La caractéristique de cette distribution est de rassembler des personnalités singulières difficilement réductibles à une fonction unique. Musicien mais aussi comédien pour l’un (Hubertus Biermann), danseuse mais aussi clown et comédienne pour une autre (Elena de Renzio), compositeur mais aussi auteur et performeur pour un troisième (Jean-Christophe Marti), etc. Les parcours artistiques de chacun (voir plus bas) sont variés et nous permettent d’imaginer des personnages polymorphes dont les partitions sont susceptibles d’être jouées, dansées, ou chantées.

Été
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

(L’invitation au voyage - Charles Baudelaire)


L’auteur, Stéphane Olry, commence le spectacle avec un récit de la conception du projet, de la relation curieuse qui le lit à la voyageuse et de l’aventure immobile qui fut la sienne. Je plante ainsi le décor, puis je me mets en retrait pour observer le spectacle.
Au centre du plateau comme de l’écriture se trouve Corine Miret, La danseuse. Elle porte le récit subjectif, irréductible de son voyage. Elle ne bouge pas de sa place, son récit est dansé, ou plutôt posé sur une danse lente, introspective, qui peut évoquer le butô – même si les techniques mises en œuvre pour le pratiquer ne sont en rien nourries par cet art spécifique.
Elle est entourée par des interprètes qui assument des rôles d’allégories. Ces allégories sont apparues en observant les récurrences de certains thèmes dans les récits confiés au dictaphone.
Nous découvrons ainsi :
Le gardien. Interprété par Hubertus Biermann, c’est un personnage inspiré de manière lointaine par le gardien de la salle polyvalente où Corine Miret se rendait tous les jours pour pratiquer ses exercices de danse. Ce gardien aime à citer des poèmes, ainsi s’exprime-t-il en vers libres, vers de mirlitons, citations poétiques. Il endosse par ailleurs, allégoriquement, toutes les fonctions de celui qui interdit et autorise, qui ouvre et qui ferme, qui permet ou non la rencontre.
La fée du logis. Elena de Renzio interprète une femme au foyer. C’est la femme qui rêve de ce fantôme de la liberté que représente cette énigmatique voyageuse venue dans son village. Elle l'observe, s'inquiète pour elle, s'identifie à elle, se questionne avec humour et lucidité sur sa propre vie de sédentaire.
La terre. Dans les récits confiés à son dictaphone, Corine Miret donne une grande importance à la géographie du Nord. Une plaine semblable à celle de la Beauce où elle a passé son enfance. Cette présence muette de la nature est portée par la danse lente et intense de Sandrine Buring, qui par ailleurs prend la parole pour décrire les sensations de la terre un jour de neige, sous l’emprise des travaux des ouvriers creusant les fondations du futur centre social, ou s’éveillant au printemps.
L’histoire d’amour est la part la plus énigmatique, la plus délicate aussi, de ce voyage. L’amour fait irruption dans le spectacle, comme dans la vie. C’est un enfant de Bohème -comme on dit-, un barbare, mais aussi le plus délicat des êtres. Il est interprété par un binôme formé par Didier Petit et son violoncelle, instrument qu’il caresse, frappe, pince. Un chant, formé de mots épars, de formules lapidaires, de scansions est aussi porté par Didier Petit. Le duo qu’il fera avec Corine Miret restera sous une forme improvisée.
Enfin, le spectacle, ou plutôt son orchestration, est dirigé par un ludion, Le compositeur. Jean-Christophe Marti annonce, commente, dirige l’œuvre présentée sur le plateau. Il orchestre une partition chorale, réelle ou imaginaire, achevée ou en cours d’écriture, destinée aux 31 invités venus à la fête. Le spectacle que propose cet étrange compositeur n’est pas achevé. Il le présente délibérément sous forme de fragments, et abandonne ainsi la part la plus large possible à l’imaginaire du spectateur.
Il y a donc de la musique, un partage des voix, des sons, des mouvements, qui correspondent à une écriture chorale discrète.
Il y a le goût du costume, du masque, du travestissement. Il n’y a rien de fixe sur le plateau. Tout ce qui y entre est appelé à en sortir. Il y a des photos et des vidéos prises par Corine Miret avec son téléphone portable. L’image des vidéos est dégradée, instable, et propice à camper le décor d’un Artois imaginaire.
Ainsi qu’il a coutume de faire avec TGStan, Thomas Walgrave assiste aux répétitions et bâtit sa partition d’objets, de lumière, de costumes au fur et à mesure de l’évolution du travail.

Nous parions sur le fait que le voyage rêvé est plus beau que le voyage réel.
Et que le rêve du spectateur ira au-delà de ce qui sera présenté sur scène.
Autrement, pourquoi faire un spectacle ?

Spectacles de La Revue Éclair récemment produits
Éprouver du plaisir à la panique, s’y exposer de plein gré pour tenter de ne pas y succomber, avoir devant les yeux l’image de la perte, la savoir inévitable, et ne se ménager d’issue que la possibilité d’affecter l’indifférence, c’est comme le dit Platon pour un autre pari,
un beau danger et qui vaut la peine d’être couru.

(Les jeux et les hommes - Roger Caillois)


La Revue Éclair est en résidence de création au Château de La Roche-Guyon depuis 2006.

2007 La lecture, ce vice impuni, de Stéphane Olry, créé dans une mise en scène de Xavier Marchand au Château de La Roche-Guyon, repris au Théâtre de la Minoterie (Marseille).

2006 Treize semaines de vertu, de Stéphane Olry, créé au Château de La Roche-Guyon, repris aux Archives Nationales dans le cadre du Festival d’Automne à Paris 2007. En tournée actuellement.

2005 Mercredi 12 mai 1976, de Corine Miret et Stéphane Olry, créé avec la Comédie de Saint-Étienne et les Transurbaines, repris au Théâtre de l’Echangeur à Bagnolet et en tournée.

2004 La chambre noire, écrit par Stéphane Olry, créé à la Villa Gillet à Lyon, repris au Théâtre de l’Echangeur à Bagnolet et en tournée.
Eniroc Terim, solo de danse de Corine Miret, créé aux Subsistances à Lyon, repris à Paris et en tournée.

2003 Le musée est le temple des Muses, de Stéphane Olry, commande du Conseil Général des Bouches-du-Rhône pour les journées du patrimoine au Museon Arlaten (Arles).

2002 Le salon de lecture, conçu par Corine Miret, Stéphane Olry et Clotilde Ramondou, créé à l’Établissement Public du Parc et de la Grande Halle de la Villette.
La Vita Alessandrina, Avant Projet Définitif, de Stéphane Olry créé dans une mise en scène de Xavier Marchand au Théâtre Garonne à Toulouse, repris au Théâtre de la Cité Internationale dans le cadre du Festival d'Automne à Paris.

1999 Nous avons fait un bon voyage mais, de Corine Miret et Stéphane Olry, créé au théâtre de l’Aire Libre à Saint-Jacques-de-la-Lande, repris au Théâtre de la Cité Internationale et en tournée.

1997 Des voix dans la maison d’Orient, de Corine Miret et Stéphane Olry, créé dans une mise en scène de Xavier Marchand au théâtre des Bernardines à Marseille.

1996 Les Thés Vidéos, créés en appartement par Corine Miret et Stéphane Olry, présentés régulièrement depuis cette date dans des galeries, des théâtres, et durant trois saisons au Théâtre Paris-Villette.

Parcours artistiques
Faire confiance aux honnêtes gens est le seul vrai risque des vies aventureuses.
(Le cave se rebiffe - Michel Audiard)

Corine Miret
Docteur en pharmacie. Danseuse (danse contemporaine et baroque) comédienne, metteur en scène.
Elle co-dirige avec Stéphane Olry La Revue Éclair. Elle a récemment mis en scène Treize semaines de vertu, de Stéphane Olry, créé au Château de la Roche-Guyon en 2006 et repris aux Archives Nationales dans le cadre du Festival d’Automne 2007.
Comme chorégraphe, elle a été titulaire d’une bourse d’écriture de la Fondation Beaumarchais pour la création de son solo de danse, Eniroc Terim, au Théâtre de l’Échangeur et au festival 100DessusDessous (Parc de la Villette).
Danseuse, elle a travaillé avec Jean-Michel Agius, Christian Bourigault, Isabelle Cavoit, Andy Degroat, Francine Lancelot, Marie-Geneviève Massé, Béatrice Massin, François Raffinot, Ana Yepes.
Entre 1992 et 1999, elle a réalisé et interprété avec Stéphane Olry les Cartes postales vidéo, tournées en Égypte, Jordanie, Palestine, Israël, Chypre, Liban, Syrie, Turquie, Maroc, Allemagne et montrées dans des festivals et dans des galeries d'art contemporain.
Elle a organise de 1995 à 2007 Les Thés Vidéos en collaboration avec Stéphane Olry.

Stéphane Olry
Auteur, metteur en scène, comédien.
Autodidacte, il fonde à 18 ans, dans les années 80, la Compagnie Extincteur. Il écrit alors et met en scène des spectacles joués en France (Espace Pierre Cardin, Usine Pali-Kao, Théâtre de la Bastille, Théâtre des Bouffes du Nord) et à l'étranger. Il travaille parallèlement comme pigiste aux pages culturelles du journal Le Monde. Il participe aussi à l’organisation des spectacles à l’Usine Pali-kao, lieu alternatif et expérimental.
Il fonde en 1987 La Revue Éclair et organise des soirées de spectacles de formes brèves (Ménagerie de Verre, Crédac, galerie Emmanuel Perrotin). Il tourne alors de nombreuses vidéos de création, présentées dans des galeries, des centres d’art contemporain, des festivals.
Il joue pour la première fois comme comédien en 1992 avec Jean-Marie Patte dans L’enfant bâtard écrit et mis en scène par Bruno Bayen au Théâtre National de l’Odéon.
Il suit depuis dix ans la formation de clown de Michel Dallaire.
Avec Corine Miret, il écrit et met en scène de depuis 1998 des spectacles nourris par un travail documentaire mené soit dans des archives, soit par des enquêtes sur le terrain ou encore par des pratiques de vie singulières.

Hubertus Biermann
Né dans la Ruhr, fils d’ouvriers. Vit depuis 30 ans à Paris. Jusqu’au bac, joue dans des groupes de rock et l’harmonie municipale que dirige son père. Étudie la philosophie. Première rencontre avec les musiques improvisées, avant de faire des études de musique (contrebasse, composition). Contrebassiste dans diverses formations de jazz, de musique contemporaine ou improvisée. Il découvre le théâtre en France au début des années 80 comme compositeur et musicien, puis comme comédien. Au théâtre, il a travaillé entre autres sous la direction de Bernard Bloch, Jean-Paul Wenzel, Jean-Marie Patte, Christophe Huysman, André Engel, Noël Casale, Daniel Jeanneteau, Alain Ollivier, Stéphane Olry, Patrick Sommier. En danse avec Fabienne Compet, Olivia Grandville, Alain Michard, Loïc Touzé, à la radio avec René Farabet (à L’Atelier de Création Radiophonique), Michel Sidoroff, Kate Mortley.

Sandrine Buring
Danseuse elle se forme au travers de stages auprès de Mark Tompkins, Joao Fiadeiro, Julian Hamilton, Kirdstie Simson. De 1998 à 2000, elle travaille pour les compagnies Groutsch’K, Sipeucirque, Les Filles d’Aplomb à Strasbourg. En 2000, elle rejoint Félix Ruckert pour le spectacle Le Ring, passe par le théâtre en 2001 avec le groupe France Palestine El Hakawatti. En 2002, elle danse avec l’Opéra de poche. Parallèlement elle fait des performances avec le collectif Artemia (qui réunit plasticiens, musiciens, danseurs pour des performances in situ) de 1999 à 2002 à Guérande.
En 2006, elle danse et chorégraphie Déménagement(s) un spectacle mis en scène par Véronique Petit (Théâtre à Grande Vitesse). Récemment, elle a créé Je ne parlerai pas co-écrit avec Stéphane Olry et présenté au Château de La Roche-Guyon.

Jean-Christophe Marti
Formé au Conservatoire de Boulogne-Billancourt (clarinette, musique de chambre, écriture) et au CNSM de Paris (esthétique, histoire), il étudie également la direction d'orchestre pendant plusieurs années auprès de Jean-Claude Hartemann à Paris et au Mozarteum de Salzburg, avant de se consacrer à la composition.
Son goût pour les textes littéraires et dramatiques l'amène alors à écrire de nombreuses œuvres vocales ou scéniques pour Musicatreize, Laurence Equilbey, Les Arts Florissants, Les Cris de Paris, Résonance contemporaine.
Il reçoit le Prix Maurice Ohana-Sacem avec The last words Virginia Woolf wrote pour 12 voix, et est lauréat de la Fondation Natexis ainsi que de la bourse Beaumarchais/SACD pour le projet Miniane/L’été 39.
Il écrit des pièces orchestrales pour l’Orchestre Philharmonique de Halle, Festival Händel 2003, pour l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée et crée des formes dramatiques singulières, telles que ses spectacles musicaux L'album de l'oiseau qui parlait (créé au Musée d’Orsay) et Timsongs (d’après des dessins de Tim Burton, créé à la Cité de la musique).
Il collabore avec les metteurs en scène Jean-Yves Ruf, Vincent Lacoste, Olivier Werner, Eric Ruf, Emilie Valantin, Arthur Nauzyciel, Christian Rist.
De 2001 à 2004, il a été chargé de cours à Sciences-Po Paris sur le thème «Temps politique et temps musical ». Il collabore avec les éditions Les Prairies ordinaires en publiant des entretiens avec l’historienne Arlette Farge et l’anthropologue Véronique Nahoum-Grappe.

Didier Petit
Étudie le violoncelle dès l’âge de six ans au conservatoire. À 12 ans, il découvre le duo Michel Portal et Bernard Lubat. Il se tourne alors vers le jazz.
Il entre dans l’orchestre Celestrial Communication Orchestra du contrebassiste Alan Silva puis devient enseignant et administrateur à l’IACP (Institut Art Culture Perception).
A l’IACP, il rencontre le clarinettiste Denis Colin, avec qui il va avoir une longue association.
Il crée en 1990 les disques In situ.
Il appartient au groupe de Jac Berrocal avec Jacques Thollot, est l’invité du Drame Musical Instantané, joue avec Beñat Achiary, Vladimir Tarasov, Marylin Crispell, Roger Turner, Carlos Zingaro, Raymond Boni, Philippe Deschepper, Jacques Di Donato, Carlos Andreu, Jean-Jacques Birgé, François Tusques, Benoist Delbecq, Fred Van Hove, Le Quan Ninh, Iva Bittova, Jean-François Pauvros, Jean-Marc Montera, Ramon Lopez...
Son nouveau groupe Wormholes comprend Camel Zekri, Lucia Reccio, Edward Perraud et Etienne Bultingaire, ingenieur du son.). Il poursuit son duo avec André Minvielle ainsi qu’avec le batteur norvégien Terje Isungset. Il rejoint le quartet de Sylvain Kassap et garde son poste dans le trio de la harpiste Hélène Breschand. Récemment, il a créé Les instructions à l’imbécile, duo pour violoncelle et voix avec Stéphane Olry.

Elena de Renzio
Danseuse, comédienne, chorégraphe.
Elle étudie la danse en Italie à l’UDI de Milan sous la direction de Deborah Weaver.
A Paris, elle rencontre Danielle Labaki, avec laquelle elle travaillera sur trois créations théâtrales : Amour/Amour, Guerres/intérieures/ Extérieures/Nuit et Exils/Exhibition.
Elle est comédienne-interprète dans plusieurs créations sous la direction de Karina Ketz, Luc Perrot, Lucia Calamaro, Jean Patrick Leblanc et Claudia Botta, Raffaella Giordano, Pierre Doussaint, Lucy Orta et Philippe Mac Kenzie.
Elle se forme au travail vocal auprès de Haim Isaacs, Kevin Crawford et Enrique Pardo, Giovanna Marini. En clown, elle se forme avec Philippe Hottier, Philippe Gaulier, Pierre Byland, Jos Houben, et Michel Dallaire chez qui elle rencontre Stéphane Olry.
En 2005 elle crée Ah ! Ah !, solo de Danse Théâtre Clownesque qui obtiendra le soutien de Junge Hunde, UE culture 2000. Ce solo a été repris dans la Revue Éclair N°20, après-midi de forme brèves au Château de La Roche-Guyon


Revue de presse
J’ai été moi-même un autre pendant très longtemps –depuis ma naissance, depuis la conscience – et je me réveille aujourd’hui au beau milieu d’un pont, penché sur le fleuve, et sachant que j’existe plus fermement que tout ce que j’ai été jusqu’à maintenant. Mais la ville m’est étrangère, les rues me sont inconnues, et le mal est sans remède. Donc, j’attends, penché sur le pont, que la vérité me quitte, pour me laisser à nouveau nul et fictif, intelligent et naturel.
(Le livre de l’intranquillité - Fernando Pessoa)


Treize semaines de vertu
Odile Quirot/ Le Nouvel Observateur / 18/10/2007
On y court
Olry a des vertus
Et si l'autobiographie théâtrale devenait un genre à part entière ?
Apres Philippe Caubere, mais en plus bref (une heure); c'est à cet exercice que se livre Stéphane Olry avec ces «Treize Semaines de vertu», d'après Benjamin Franklin. Soucieux de discipline et du bien commun, le père de l'indépendance américaine, par ailleurs imprimeur et inventeur de l'harmonium de verre, avait conçu, pour s'y soumettre, une suite d'ascèses : «Sobriété, silence, ordre, résolution, économie, application, sincérité, justice, modération, propreté, tranquillité, chasteté, humilité.» En résidence au château de La Roche-Guyon, où vécut La Rochefoucauld, autre grand moraliste, le comédien metteur en scène Stéphane Olry a décidé d'essayer ces «Treize Semaines de vertu» avec pour guide spirituel le théologien Frédéric Révérend. Une longue et rude traversée dont il a tenu le Journal(Editions de l'Amandier). Pour son spectacle hors normes, Stéphane Olry a travaillé un peu à la manière des artistes du body art, mais sans s'exhiber pour autant. Dans un registre proche du théâtre de salon, il se fait le conteur de son voyage au pays des vertus. Et comme tout un chacun, parfois lassé des fausses valeurs de l'air du temps, se préoccupe un jour ou l'autre de s'aguerrir contre elles, l'aventure de Stéphane Olry nous touche. D'autant qu'il s'est adjoint un jeune acolyte, Mathias Poisson, qui illustre en contrepoint chaque scène de façon loufoque mais en restant absolument impassible. Le voici qui prend la mesure de l'avant-bras de Stéphane Olry, curieusement identique à celle d'un carreau de fenêtre, ou qui se met à danser comme un déjanté sur l'air de «J'aime les filles» au chapitre «chasteté». Les amateurs de spectacles singuliers apprécieront.


La Vita Alessandrina, Avant Projet Définitif
Libération / Maïa Bouteillet / 03 décembre 2002
(…) Avec la Vita Alessandrina, Stéphane Olry et Corine Miret signent probablement leur plus beau spectacle. Celui où les effets d'hyperréalité, les jeux de mise en abîme et ses infinis ricochets de sens font mouche autant qu'ils touchent au coeur, avec cette élégance oulipienne dont les deux artistes ne se départissent jamais.(…)

Le Monde / Michel Cournot / 09 décembre 2002
(…) C'est bien sûr un spectacle tout à fait inhabituel, hardi, effronté, un non-spectacle si l'on veut, mais du théâtre indubitablement, tant le texte est attachant et inattendu, tant les acteurs, imperturbables, nous tiennent à leur merci.(…)


Nous avons fait un bon voyage, mais
Les Inrockuptibles / Pierre Hivernat / 24 novembre 2000
Il va nous falloir parler d'un spectacle étonnant, intrigant, qui vous remet réalité et fiction à plat, qui tient son monde en haleine une heure et demie durant et où le spectateur, stylo à la main, cherche sans savoir ce qu'il doit trouver. En d'autres circonstances, l'exercice eût été des plus faciles, mais s'agissant de Nous avons fait un bon voyage, mais, nous voilà dans l'obligation de ne rien révéler. Que l'on s'avance dans la description du dispositif scénographique ou que l'on vous raconte la fin, chaque détail mis sur la place publique gâcherait un peu plus l'immense plaisir que les deux protagonistes de cette affaire, Corine Miret et Stéphane Olry, nous ont concocté.(…)

Le Monde / Jean-Louis Perrier / 3 août 2000
Avec le culot de la première Sophie Calle, ils plongent dans les vies trouvées, cherchent les liens qui pourraient les unir ou les inventent, et se retrouvent du côté de chez Perec, entre passage du bac de la petite dernière et pèlerinage à Lourdes de l'aïeule.(…) Les auditeurs se découvrent spectateurs, haletants, de vies minuscules. S'ils ont parfois l'impression d'être bernés, ce n'est pas sans réclamer de l'être encore. Le théâtre s'est glissé entre les cartes, dans les blancs entre les lignes, dans les écritures trop régulières, dans les interrogations jetées, dans l'incroyable solidité apparente d'un complexe édifice romanesque. Rien de plus malicieux que ce voyage.