Revue de presse Les Habitants du bois

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Articles publiés à l'occasion de la création du feuilleton Les habitants du bois, sept chroniques fantasques du bois de Vincennes du 20 au 30 avril 2017, au Théâtre de l'Aquarium


VÉRONIQUE HOTTE - HOTELLO - LE THEATRE DU BLOG

 Les Habitants du bois , Chroniques fantasques d’une exploration du bois de Vincennes par La Revue Éclair.
De décembre 2014 à aujourd’hui, au fil des saisons, quatre explorateurs, – le plasticien Johnny Lebigot en hiver, le compositeur Jean-Christophe Marti en été, la danseuse et chorégraphe Corine Miret en automne, l’auteur stéphane Olry au fil du projet – ont arpenté le bois de Vincennes et rencontré ses habitants–promeneurs, rôdeurs et habitués des lieux qui occupent le territoire, travaillent et résident au bois.
Aussi imagine-t-on ces belles personnes appelées par l’esprit du théâtre, s’enfonçant dans le fouillis des clairières boisées, telles des ombres marchant dans le froid de l’hiver ou dans la chaleur de l’été, sur les sentiers et moindres chemins lointains – talus montueux et trous scabreux -, sous les arbres tutélaires et leurs branchages. A côté des forestiers, les cyclistes et la Garde Républicaine, les futurs champions olympiques de l’INseP, les amoureux et les prostitués – garçons, travestis, échangistes et dames légendaires du joli bois -, des touristes et des clandestins, des sDF, des êtres plus ou moins paumés, marginaux et migrants – réels ou inventés.
Un monde hétéroclite au campement divers, pittoresque malgré lui, qui respire, comme une feuille d’automneque le vent soulève, transporte et égare de-ci delà. Un patchwork – témoignages de vies désordonnées et aléatoires qui vont et viennent. Les images de Cécile saint-Paul donnent à voir cette géographie des corps et des âmes. sur l’écran vidéo, un peloton de cyclistes pédale sans fin sur l’anneau cyclable, tandis que la voix du comédien explique l’esprit de l’authentique pédaleur. Ces chercheurs d’art et d’or existentiel – croisement des rencontres et des aventures – ont visité le Jardin d’Agronomie Tropicale, le boulodrome de la Reine Blanche, la caserne Carnot, le Zoo, cherché les traces de l’exposition Coloniale, de la Fac de Vincennes, accumulant, pas et kilomètres dans cet espace parisien « sauvage ». Belle gourmandise de mots évocateurs et savoureux, l’énumération des noms de lieux diffuse avec délicatesse les pouvoirs de la prose poétique de stéphane Olry. entre trouées de clarté solaire, pluie et douche de lumière et ombres lunaires.
Dans le hall de l’Aquarium, le public est accueilli par un magnifique lustre de racines et de plumes, accessoire protecteur – totem, mobile céleste sacré, trésor enchanteur. sous les frondaisons, un bestiaire fantasmagorique photographié se déploie sur les murs : rois, oiseaux de malheur et êtres animés dont on distingue l’oeil qui pleure. Dans la salle, le public découvre une maquette végétale du bois de Vincennes, fabriquée par Johnny Lebigot, après que les spectateurs aient dansé une ronde. Un cadeau merveilleux d’enfance, une échappée dans l’espace boisé du géomètre. Une maquette en herbe, os et champignons de bois de Vincennes sur laquelle on distingue le château, le
donjon, les quatre lacs, le Rocher du zoo, la Foire du Trône.
La Revue eclair raconte en sept chroniques autonomes, reprises lors d’une journée rétrospective, la vie du bois et la Grande révolte du bois de Vincennes de 2017. Une histoire loufoque et ludique où Raymond Domenech – habitant historique de l’Insep, ministre du Tourisme, du sport et de la Culture – aspire à l’investiture présidentielle prochaine. Le candidat n’a qu’un désir cocasse, installer un projet de fusion de la Cartoucherie et de l’Insep dans un pôle dit « d’excellence et de loisir ». Révolte du bois de Vincennes, transformé en ZAD (zone à défendre) ou forêt de sherwood sans Robin des Bois. Lieu de mémoire et d’utopie, peuplé, habité, hanté. La Cartoucherie est investie par les fameux « Habitants du bois » qui ont fort à faire, s’emparant de l’Insep, de la Caserne Carnot, de l’Hippodrome, de l’ecole de Police. s’exprime l’engagement de la cuisinière de l’Insep acquise depuis à la Cartoucherie.
La révolte du bois est présentée au milieu d’une installation végétale et organique. Un lieu de rêve et songe floral – orties et herbes – imaginé, conçu et fabriqué par Johnny Lebigot dont les matériaux privilégiés sont les graminées, les os, les arêtes, les peaux qu’il tresse, tanne, sèche et dispose pour sa création fantasmagorique.
Les promenades accomplies composent un parcours épique onirique qui apaise au milieu de la colère même, un monde de silence où les chants des oiseaux résonnent. structures en bois et herbes séchées – anneaux emmêlés, cubes de lianes herbeuses et cubes rectangulaires d’épis tressés, que décore encore une multitude de plumes : la magie formelle de l’objet fabriqué opère, volatile, qui éblouit le regard. Des sculptures miniaturisées de bois – images d’êtres animés, oiseaux ou petits animaux – fixent à jamais la vie passée d’un élément végétal, minéral ou animal. Les coiffes – végétaux et plumes – des interprètes, inventives et aériennes font rêver.
Une performance, une fantaisie poétique au service de la Déesse Nature qui voit se côtoyer sorcières et bandits, mais aussi fées et jeunes princes, la meneuse de ronde Marie Blaise, le danseur étoile Jean Guizerix, le percussionniste Raphaël simon... et les spectateurs ravis apprécient cette étoffe des songes, onirique, créative et à portée de main.
Véronique Hotte
28/04/2017


 HOLLY BUZZ - PIERRE FRANÇOIS

Artistique et réjouissant.
« Les Habitants du bois » n’est pas à proprement parler une pièce de théâtre. ses créateurs parlent plutôt d’une « performance ». De quoi s’agit-il ? Depuis un an, quatre artistes – danseuse, plasticien, musicien, vidéaste – ont été hébergés pendant une saison chacun dans les combles du Théâtre de l’Aquarium, lui-même situé au cœur du bois de Vincennes. Leur mission était d’explorer le bois, et d’aller à la rencontre des personnes qui le fréquentent dans une perspective artistique.
Corine Miret, danseuse, met en avant le fait qu’explorant seule le bois de jour comme de nuit, elle ne s’est jamais sentie en danger : « Les forestiers, qui connaissent tout le monde, disent où sont les personnes un peu folles qu’il ne faut pas déranger, les autres ne désirent pas attirer l’attention sur elles ». et combien le bois, loin d’être un repère de marginaux est tout simplement un endroit où tout le monde se croise avec la même indifférence qu’en ville « on y trouve des joggeurs, l’école de la police, des prostituées, le centre d’entraînement des sportifs qui se préparent aux jeux olympiques, des travestis, un rucher, des sans domicile, des cyclistes... ».
Certains ont offert une œuvre en cours ou dès la fin de leur résidence. Ainsi Jean-Christophe Marti a-t-il proposé tous les jeudis d’été aux personnes se trouvant dans le bois – des joggeurs aux travestis – de participer à un chœur sans prérequis musical. Par ailleurs, une sculpture végétale (un lustre fait de racines et de plumes) orne depuis plusieurs mois le grand hall du théâtre, œuvre de Johnny Lebigot.
Tous participent en ce moment à cette « chronique fantasque d’une exploration », sorte de feuilleton comportant une chronique par jour (avec, au début de la représentation, un rappel des chroniques précédentes) et une intégrale le 30 avril. Le style est loufoque et finement comique mais se fonde sur des faits, réputations et rumeurs bien réels. Ainsi a-t-on pu voir lors de la première chronique le directeur du théâtre raconter comment il aurait mis fin à un rendez-vous avec son autorité de tutelle d’une façon peu diplomatique avant d’aller se réfugier à l’étranger pour continuer la résistance. Ou comment une joute au départ verbale entre des « punks à chiens » et la directrice du Théâtre du soleil aurait abouti à son départ vers un ashram après un passage à l’hôpital. Le plus savoureux étant sans doute l’interview fiction de Raymond Domenech devenu Ministre de la culture des sports et du tourisme, lequel se prononce pour le transhumanisme des sportifs, soldats et artistes ainsi que pour la création d’un « Olympôle Monsanto-Dassault » qui aurait pour rôle d’offrir au public une culture à sa portée...Le public est invité à danser ou chanter et se trouve directement sur la scène, les gradins étant garnis de sculptures végétales. Ce n’est pas du théâtre au sens strict, c’est vrai, mais on aurait tort de se priver d’une telle occasion de s’amuser.
Pierre François
25 avril 2017


THÉÂTRE ACTU, LE SITE DE LA CRITIQUE THÉÂTRALE

Au bois, quatre éclaireurs inspirés préservent le territoire de nos rêves
La Revue Éclair poursuit ses aventures théâtrales, des propositions originales de Corine Miret (danseuse et comédienne) et stéphane Olry (auteur), les fondateurs. Ils ont exploré le bois de Vincennes de décembre 2014 à aujourd’hui avec deux invités : Johnny Lebigot plasticien, codirecteur du théâtre l’Échangeur à Bagnolet et Jean-Christophe Marti compositeur. Chaque artiste est venu s’installer une saison au studio du théâtre de l’Aquarium, en immersion dans le bois, lieu peuplé et contrasté à l’écart de la ville, de ses repères et ainsi porter un nouveau regard sur la société actuelle.
Un théâtre inversé, scènes sylvestres à la découverte de multiples habitants : arbres, oiseaux, abeilles et forestiers, sportifs, prostitué(e)s, garde républicaine, promeneurs, sans-abris... aux histoires infinies, tendres, clandestines. Dans la profondeur de la nuit, la fraîcheur matinale et les journées criardes ou solitaires, arpenter ces lieux plein de secrets, de souvenirs et d’utopies est un voyage du corps et de l’esprit, un partage jouissif en communion avec la nature. explorateurs, veilleurs de nuit et porteurs d’histoires, les artistes ont animé des rendez-vous publics (promenades, lectures, performances...), marqué leur arrivée par des Crémaillères et présenté leurs travaux dans des Au-revoir festifs. sept chroniques autonomes et polymorphes, Les habitants du bois sont alors nées au gré de leurs envies et inspirations, chacun dans leur art. Fiction insolite au théâtre de l’Aquarium où la vie du bois et le bois sont magnifiés par une installation végétale et organique, un décor propice aux rêves.
sous un lustre d’arbres inversés, les quatre artistes, parés de coiffes à plumes nous accueillent pour la Chronique n°3 : « l’extension du domaine de la lutte ». Á l’automne 2017, le nouveau gouvernement veut fusionner la Cartoucherie et l’Insep centre d’excellence du sport en un espace de loisir et d’excellence : l’Olympôle. La grande révolte du bois de Vincennes gronde, et l’occupation de la Cartoucherie par une bande d’insurgés est imminente. Conférence sur l’histoire du bois de Vincennes, manifestations, discours de Assane Timbo aux Debouts/Payés, enquête, vidéos et chants, le rythme n’est pas soutenu mais les propositions nombreuses, intéressantes et drôles. Johnny Lebigot, tel un orfèvre, a glané dans le gisement inépuisable du bois mousses, insectes, plumes, herbes, os, branches... pour la création de ses œuvres, une maquette végétale du bois de Vincennes d’une rare précision, une table monumentale surplombée d’une buse qui sert le face à face entre Assane Timbo et François Rancillac, directeur du Théâtre de l’Aquarium dans son propre rôle.
Cette création est une prise de conscience de nos espaces naturels, des transformations qui peuvent l’altérer. Les spectateurs placés en tri-frontal autour de la scène sont conviés à participer (tracts, écritures, chants Choeur d’Aventure) et à réagir pour envisager d’autres possibles. La mise en scène place les artistes en gardiens et défenseurs du territoire et leur art apportent un éclairage plein d’humanité entre ombres et lumières. Images, observations et témoignages ont été consignés dans un blog et filmés par Cécile saint-Paul. Des combats qui en rappellent d’autres bien réels, ceux des défenseurs des serres d’Auteuil menacées de destruction par l’extension de Roland-Garros, ceux des tribus de la vallée de l’Omo en Éthiopie menacées d’extinction par un barrage géant. Ces hommes aux parures naturelles magnifiques ont été immortalisés par Hans Silvester. Un spectacle en 7 épisodes avec une journée rétrospective, un voyage initiatique tout en poésie.
Paula Gomes 2/05/2017


FROOGY'S DELIGHT

Chroniques fantasques d’une exploration du bois de Vincennes par la Revue Éclair avec Johnny Lebigot, Jean-Christophe Marti, Corine Miret et Stéphane Olry.
Concrétisé par sept chroniques autonomes et indépendantes regroupées sous un titre générique, «Les Habitants du Bois» constitue l’aboutissement de trois ans de travail de la Revue Éclair mené dans le cadre de sa résidence au Théâtre de l’Aquarium.
Composée d’un collectif d’artistes, la Revue eclair se distingue par la singularité des créations performatives et pluridisciplinaires singulières menées par un collectif d’artistes qui oeuvrent comme des arpenteurs du réel et traqueurs de chemins de traverse en quête de matériaux documentaires et d’expériences de vie.
en immersion dans le microcosme singulier du bois précité, chacun durant une saison, le plasticien Johnny Lebigot, le musicien Jean-Christophe Marti et la danseuse et comédienne Corine Miret ont conçu pectivement des installations plastiques, un drag-requiem et des rondes dansées.
Pour sa part, stéphane Olry, a élaboré la partition textuelle de ces chroniques qualifiées de «fantasques» qui ressortent tant de la synthèse que de la fiction inspirées par leurs «collectages» et expériences, avec pour trame une étonnante et passionnante politique- fiction.
Dans un avenir proche, le projet de pôle de loisirs résultant de la fusion de la Cartoucherie et de l’Insep élaboré par l’ex-footballeur et entraîneur Raymond Domenech devenu ministre du Tourisme, du sport et de la Culture et ambitionnant d’accéder à la Présidence de la République déclenche la grande révolte des Habitants du Bois.
stéphane Olry assure également la mise en scène de ces chroniques spectacles qui s’apparentent à des happenings par leur caractère de spectacle en train de se faire dans lequel les officiants, parés de coiffes végétales conçues par Johnny Lebigot, invitent également le public à intégrer, par le chant, la danse et le jeu, le rang de la rébellion. Pour les spectateurs adeptes du théâtre interactif et participatif.
MM 01/05/2017


TOUTE LA CULTURE

 Un bon moment

De décembre 2014 à aujourd’hui quatre autoproclamés explorateurs ont arpenté le bois de Vincennes. Ils y ont rencontré ses habitants et les forestiers, les cyclistes ou la garde républicaine. Ils ont de leurs rencontres écrit une série de chroniques imaginaires. Découpé en 7 chroniques reprises dans leur totalité ce dimanche, ils ont inventé la grand révolte du bois de Vincennes. C’est frais enfantin et joyeux.
Autour d’une clairière sombre décorée de végétal, dans une ambiance entre musée champêtre et messe pastorale nous sommes invités à nous asseoir. Nous serons invités plus tard à danser en ronde.
en 2018, un nouveau monde s’ouvre par la transformation du bois en ZAD Zone à Défendre par des gauchistes opposés au cours des choses. Le nouveau ministre du tourisme du sport et de la culture Domenech projette de fusionner la Cartoucherie et l’Insep centre de formation des sportifs haut niveau en un pôle de loisir et d’excellence : l’Olympôle. La présentation de son projet déclenche l’insurrection.
Le spectacle qui se construit participatif est drôle et rempli d’humanité. On vérifiera au passage que l’envie insurrectionnelle des activistes, on pense aux insoumis, s’étaye d’un fantasme paranoïde, d’une dystopie aussi benêt que l’utopie qui la construit et s’en source; mais nous aurons passé un bon moment entre scoutisme infantile et théâtre de rue autour d’un Raymond Domenech premier ministre d’un gouvernement vendu aux multinationales.
David Rofé-Sarfati 28/04/2017