Mercredi dernier : dossier

Mercredi dernier
(séance d'initiation à la transformation de soi)

de et par Corine Miret
mise-en-scène et dramaturgie Stéphane Olry
un spectacle de La Revue Éclair

Mercredi dernier : préambule
Nous aimons
Découvrir des mondes inconnus
Pousser des portes au bout de la rue
Rencontrer des gens qui ont des pratiques qui ne sont pas les nôtres.
Observer.
Poser des questions.
Nous poser des questions.
Et faire des spectacles de ces questions
Nous pensons que
La rencontre physique entre deux corps est une forme essentielle de langage.
Apprendre à affronter un adversaire dans un cadre réglé sert à apprendre à rencontrer l’autre sans peur ni préjugé
La violence n’est pas tant dans les sports de combats que dans la société.
L’intelligence, la finesse et l’imagination sont à l’œuvre dans ces duels sportifs.
Entre 2014 et 2018 nous avons exploré les clubs de sports de combat dans le cadre d’une résidence de création en Seine-Saint-Denis.
Le premier épisode La Tribu des lutteurs, pièce d’actualité consacrée à la lutte, a été créé à La Commune à Aubervilliers en novembre 2016, avec l'entrainement des lutteurs des Diables Rouges de Bagnolet sur scène.
Le deuxième épisode Mercredi dernier (séance d'initiation à la transformation de soi) est parti de la découverte par Corine Miret d’un groupe de femmes pratiquant différents types de boxe au Blanc-Mesnil. Le spectacle répond à une commande du Théâtre de la Poudrerie à Sevran. Il a été créé et joué 25 fois en appartement à Sevran et sur le territoire de la communauté d’agglomération « Terre d’Envol » d’octobre 2017 à janvier 2018, puis en tournée (Verdun).
Le troisième épisode Boxing Paradise raconte le parcours d'un comédien-auteur pratiquant la boxe aux au Boxing Beats d'Aubervilliers, sa rencontre avec les enfants et les adolescents du club, sa préparation d'un combat qui se transformera en combat contre la maladie. L'écriture est textuelle et visuelle, les images tournées dans le club s'articulant avec le texte. Il a vu le jour à l’automne 2018 à la MC93 de Bobigny.
Corine Miret - Stéphane Olry

Mercredi dernier : le spectacle
Soit un espace plus ou moins intime, un appartement, une salle d'une association, ou autre.
Un pupitre est installé sur un cercle de tissu posé au sol.
Une femme se présente devant les spectateurs.
Elle les remercie d'être venus à cette "Séance d'initiation à la transformation de soi"
Elle raconte comment elle en est venue à proposer ces séances : ses propres transformations dans sa vie, une enquête auprès de femmes qui lui ont raconté les leurs transformations, la rencontre avec une directrice de théâtre.
Elle annonce : "La transformation de soi est possible pour tous"
Elle propose de débuter la séance par quelques minutes de prise de conscience de soi.
Elle guide les spectateurs à l'intérieur de leur corps en leur posant des questions simples : comment avez-vous posé vos pieds ? sur quelles parties de votre corps repose votre poids ?
Elle lit ensuite le témoignage de Sirine.
(Sirine, 29 ans, raconte dans cet entretien sa vie et sa volonté de retrouver le mental qu’elle avait à 19 ans lorsque le monde s’ouvrait à elle et que tout lui semblait possible. Dix ans plus tard, mariée avec trois enfants, elle retrouve soudain, lors d’un cours – celui de mercredi dernier – les mêmes sensations qui furent les siennes alors. La possibilité d’un ailleurs, d’une métamorphose, d’une sortie hors d’elle même et de sa vie, une manière de se sublimer lui paraît non seulement possible, mais atteinte, comme un au-delà à disposition par le travail et la sortie de ce que les sportifs appellent la « zone de confort ».)
La lecture du témoignage, divisé en treize chapitres, est entrecoupée d’un refrain : Mercredi dernier, elle y est allée, mercredi dernier c’est arrivé chanté par la femme.
Elle interrompt parfois la lecture du témoignage par des improvisations qui précisent certains points du témoignage.
Pour le dernier refrain, elle demande aux spectateurs de l'accompagner. Elle les dirige.
À l'issue de la lecture du témoignage, elle raconte la métamorphose d'une cigale en se métamorphosant elle-même.
Elle termine la séance en proposant à nouveau aux spectateurs une prise de conscience corporelle.
Elle leur demande enfin : Êtes-vous prêts à vous transformer?

Mercredi dernier : la genèse
La commande du Théâtre de la Poudrerie pour Mercredi dernier était la suivante :
Enquêter sur les pratiques de sports de combat des femmes sur le territoire de la communauté d’agglomération « Terre d’envol » (regroupant les villes de Aulnay-sous-Bois, Drancy, Dugny, Le Blanc-Mesnil, Le Bourget, Sevran, Tremblay-en France, Villepinte).
Puis écrire un spectacle pour un ou deux interprètes, pouvant s’installer rapidement dans un appartement, susceptible d’ouvrir sur un débat après le spectacle. Le spectacle devait être joué vingt-cinq fois dans vingt-cinq appartements et/ou associations du territoire exploré.
Ces contraintes ont aiguisé notre curiosité. Au reste ce jeu de la commande n’est pas pour nous déplaire.
Le fait de porter notre intérêt sur les pratiques féminines dans les sports de combat nous semblait pertinent : en effet, l’irruption des femmes dans le champ clôt de ces sports constitue une mutation passionnante de la place des femmes dans notre société, et dans ces lieux dits sensibles que constituent les quartiers populaires. Pour le dire brutalement : le lieu commun est plutôt d’imaginer les pauvres femmes victimes de la violence urbaine, plutôt qu’actrices émancipées, voire championnes dans le champ clôt des sports de combats.
Nous nous sommes mis en quête des pratiquantes de sports de combat sur le territoire administratif de Terre d’Envol. Nous avons trouvé un club au pied d’une barre d’immeubles à Sevran, le CLS 93 (Club de Lutte de Sevran), où plusieurs formes de combats sont enseignées. Dans ce club que d’aucuns qualifient de « communautaire », une section purement féminine, où les femmes enseignaient à d’autres femmes existait.
La non-mixité affirmée du club nous obligeait à faire un choix. Soit abandonner ce type de club pour nous cantonner aux clubs mixtes mais où les femmes sont peu nombreuses, soit décider que seule Corine Miret ferait l’enquête et donc l’écriture du spectacle. Nous avons opté pour cette seconde solution, nouvelle pour nous. Passée la première surprise de voir certaines des femmes qui s’entrainaient, à la fin du cours se couvrir d’un voile pour ressortir dans la rue, et surmontées les interrogations suscitées chez elle par ce type d’affirmation religieuse, Corine a décidé de suivre les cours avec elles afin de mieux les rencontrer.
Par la suite, l’existence des clubs de sport (quels qu’ils soient) s’est révélée si ce n’est fragile, au moins précaire. La section féminine du CLS a disparu et Corine a suivi les professeures, et certaines de leurs élèves dans un autre club de Blanc-Mesnil : Esprit Libre pour la saison 16-17.
À cette occasion, elle se remit elle-même à la pratique du sport de combat et les accompagna dans leur entrainement.
Corine Miret a interviewé une vingtaine de ces camarades de kickboxing (c’est le nom spécifique de la discipline enseignée dans le cours). Parmi ces interviews, une lui parut particulièrement saillante. Elle en a fait la trame du texte de Mercredi dernier.
En quoi cette interview était-elle singulière ?
En ce que la femme qui témoignait, en parlant de sa pratique de la boxe, parlait de sa vie quotidienne, de son ennui, de ses rêves d’émancipation, et de ses interrogations quand à sa capacité à changer, à se métamorphoser, à se sublimer.
Ce sont là des questions simples, abruptes, communes, universelles, que nous nous posons tous. Nous nous sommes dit qu’il y avait là matière à faire un spectacle.

Mercredi dernier : au-delà de la Seine-Saint-Denis

Après la création et la tournée du spectacle sur le territoire de Terre d'Envol, nous avons pris conscience que ce spectacle pouvait s'adresser à toute personne au-delà du territoire de l'enquête.
Nous l'avons proposé sur d'autres territoires que celui du Théâtre de la Poudrerie.

Mercredi dernier
(séance d'initiation à la transformation de soi)
exploration
 : Corine Miret
texte : Corine Miret
mise-en-scène et dramaturgie : Stéphane Olry
avec : Corine Miret
costume : Bertrand Renard, assisté de Anastasia Dorotchik
chanson : Jean-Christophe Marti
Créé avec le soutien du Théâtre de la Poudrerie/ Ville de Sevran
Coproduction : La Revue Éclair, avec le soutien du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis
La Revue Éclair est conventionnée par le Ministère de la Culture et de la Communication - DRAC Ile de France, et par La région Ile-de-France dans le cadre de la PAC

Remerciements : les dirigeant-e-s, entraineur-e-s et élèves du CLS (club de lutte de Sevran), du CDK (la Clé du K.O.), de Esprit Libre.